Stage de sage femme libérale : une révélation ?

25 mars 2018
stétoscope

Déjà 2 semaines que j’ai commencé ce nouveau stage dans un cabinet de sages femmes libérales. J’ai l’impression de découvrir une toute autre facette du métier que j’apprends depuis presque 2 ans. Une partie plus indépendante, avec moins de « barrières », plus solitaire, avec une relation totalement différentes avec les patientes. Le libéral a toujours été mon projet, même quand j’étais jeune et que je souhaitais devenir pédiatre. Mais entre le rêve, l’idée qu’on s’en fait et la réalité, il y a parfois un monde. c’est donc le but de cet article

Sage femme libérale

Le champ de compétence des sages femmes est bien plus grand que ce qu’on peut penser en général. J’avais d’ailleurs écrit un article pour faire un petit mémo sur le rôle des sages femmes dans le suivi gynécologique. je vous invite donc à commencer par celui-ci ici.  C’est bon vous l’avez lu ? :). Un petit point plus précis sur l’exercice en libéral des sages femmes maintenant !

Aujourd’hui, une sage femme libéral s’occupe de la femme du premier jour de ses règles (puberté) au dernier jour (ménopause) et elle est garante de la physiologie. En résumé, dès que quelques chose peut sembler « pathologique » ou alors qu’on présente un antécédent/un facteur de risque pouvant conduire à une prise en charge particulière, la sage femme passe la main. Le plus souvent à un gynécologue/obstétricien. Donc, dans ce cadre, elle s’occupe des consultations gynécologiques, pose de stérilet/implant, consultation de grossesse, cours de préparation à la naissance et à la parentalité, les consultations post natales, les cours de rééducations périnéale.

Pour moi, une sage femme libéral peut être un peu notre référente comme un médecin traitant mais pour le versant gynécologique et obstétrique.

femme enceinte

La confirmation du cœur?

je me suis toujours dit que le libéral me plairait. Créer mon cabinet, le décorer pour qu’il me ressemble. Pouvoir faire mes propre choix sur la manière dont je souhaite exercer, sur la manière que j’ai de travailler, sur la direction des cours que je pourrais donner. Avoir des patientes pour qui je pourrais être un peu un repère. Une personne en qui elles pourraient avoir confiance, confier leurs doutes, leurs questions. Qui pourraient avoir la chance de les accompagner à plusieurs moments clés de leur vie.

J’aime l’idée de me dire que je pourrais commencer à suivre une femme au début de sa vie, pour sa première contraception. Puis l’accompagner pendant se première grossesse. répondre à ses question tout au long de sa grossesse. Pouvoir lui donner des outils, à elle et son mari pour « vivre » au mieux l’accouchement, mais aussi la préparer à toutes éventualités d’un accouchement différent si nécessaire. Avoir la chance d’être une ressource pour le retour à la maison une fois que la famille se sera agrandi. Et puis continuer à la suivre de loin au travers de la rééducation du périnée, des pesées du bébé le premier mois. Bref, vous l’aurez compris une relation de confiance et d’échanges dans le temps.

Mais aussi des difficultés

Parce que tout n’est pas toujours rose, il y a forcément un côté plus difficile à cet exercice en libéral. Un aspect que j’ai aussi voulu découvrir pendant mon stage !

 Il y a d’abord le coût que représente l’installation en libéral. Les locaux, le matériel, les assurances, les cotisations. Les contraintes de l’exercice en libéral sur les horaires, le planning. Tu sais quand ta journée commence mais tu ne sais pas quand elle finit. Tu as à peine une visibilité sur ton planning pour la fin de la semaine. Il y a les consultations en urgence, une visite à domicile qui finalement nécessite un nouveau passage, une maman qui a accouché et pour qui il faut venir voir comment se passe le retour à la maison. Bref, un planning jamais défini à l’avance.

Il y aussi ce qu’on retrouve dans tout exercice en libéral ou chez les indépendants. Si tu ne travailles pas un jour, c’est un jour de perdu. Voir même doublement payé :  tu ne gagnes pas d’argent mais tu payes quand même tes charges. Donc apparemment tu vas quand même travailler en béquille ou avec une bronchite. Je vous épargne le congé maladie, le congé maternité et la retraite. :). Vous avez compris l’idée. Il y a des semaines plus vides que d’autres, donc des mois où tu gagnes mieux que d’autres.

Il y aussi tout les côtés pour lesquels nous ne sommes pas préparés, ni formés à l’école. Qui semblent bien loin de notre métier de soin. La comptabilité, la gestion. Alors là je pense qu’il va falloir que je me fasse violence parce que ce ne sont vraiment pas des choses qui me parlent. La chance que j’ai ? Mon chéri pour qui c’est le métier. ça tombe bien non ?

La solitude

Et la solitude? c’est vrai que les métiers de soins sont des métiers d’équipes le plus souvent. On apprend à travailler avec des collègues, en binôme. à avoir accès à un avis médical « facilement ». De pouvoir passer la main si nécessaire. Le sentiment de ne jamais être seule et de pouvoir se tourner vers quelqu’un si besoin. En libéral c’est différent. le plus souvent les sages femmes en libéral travaillent en association ou dans un cabinet pluridisciplinaire. Nous ne sommes donc pas forcément seules mais ce n’est plus vraiment un travail en équipe où on peut passer la main.

Dans l’idéal, j’aimerai m’installer en cabinet pluridisciplinaire. Au lycée déjà, c’était notre petit objectif avec une de mes amies qui voulait aussi faire médecine. Un cabinet ensemble. Le fait de pouvoir avoir une continuité des soins, de pouvoir réfléchir avec plusieurs professionnels à une situation qu’on rencontre individuellement. Et puis pour les patientes, j’imagine que cela peut simplifier les choses. Avoir un médecin, une sage femme, une infirmière et un kiné au même endroit !

Et pour finir, il a l’augmentation croissante de sages femmes qui s’installent en libéral, ce qui en fait des zones sur-doutées. Avec des sages femmes qui ne peuvent plus gagner leur vie. Donc ça va jouer aussi sur l’endroit où nous déménagerons à la fin de mes études (article envie de partir). Si on déménage et que je ne peux pas travailler… ça n’est absolument pas le but ! 

bureau

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Projets futurs

Je pense que, si possible, j’aimerai faire quelques années à l’hôpital. Pour maîtriser encore plus la technique,  augmenter mes connaissances, travailler mon raisonnement. On le fait aussi en libéral hein, mais à l’hôpital tu as accès à beaucoup plus de choses, de dossiers, de pathologies. Mais aussi pour comprendre comment fonctionne les hôpitaux, les réseaux dans la région dans laquelle je souhaiterais m’installer plus tard. Peut-être en profiter pour prendre le temps de faire des formations qui m’attirent. Bref j’ai des projets plein la tête, des envies de mille et une choses, mais aujourd’hui j’ai une certitude : Le libéral me plaît et je pense que je lui plais aussi. Que professionnellement, je serai m’y épanouir. Il ne me reste plus que 2 jours de stage. Et c’est bien la première fois depuis le début de mes stages (donc presque 5ans) que je suis triste de quitter cet endroit et cette équipe. Ce stage a été une révélation pour moi et me donne un  objectif pour la suite de mes études <3

 

 

 

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