Journée des droits des femmes, et encore ?

8 mars 2017

En ce 8 mars, c’est la journée des droits des femmes. Oui le droit des femmes et non la journée de la femme pour certains, il y a une confusion. Cette journée existe depuis 1917, et le but était de fêter l’obtention de ces droits mais également de faire des revendications pour que certaines choses changent dans le futur.

Alors pour montrer son soutien à ce mouvement, il est possible de faire grève, de porter un pussy hat (symbole du mouvement) ou encore de faire un don à des associations lancées dans ce combat. Personnellement je souhaite y participer à ma façon, en écrivant cet article.

Cet article, j’avais commencé à l’écrire il y a quelques semaines, sans arriver à le finir. Cette journée pour le droit des femmes est donc l’occasion  parfaite pour vous parler d’une situation que j’ai vécue il y a quelques semaines et qui m’a énormément fait réfléchir sur les droits et les libertés des femmes.

Le point de départ

J’ai donc eu un cours (de sage femme) sur l’histoire de la contraception. De fil en aiguille, la sage femme nous a parlé de ce qui se passait pendant ses propres études. Ses gardes en urgences maternité / gynécologie où des femmes arrivaient, en choc hémorragiques ou déjà décédées, puisqu’elles avaient eu recours à des avortements clandestins. Et ces situations n’arrivaient pas une fois par mois, c’était quotidien !  À cette époque là, l’avortement était considéré comme un crime. Les femmes y avaient donc recours dans le plus grand secret, au sein de la famille ou avec une personne engagée pour le réaliser. Je vous passe les détails sur la manière utilisée mais sachez juste que certains objets de la vie quotidienne n’étaient pas utilisées comme on pourrait le penser. Si vous voulez en savoir plus je vous laisse le lien ceci n’est pas un cintre

source : site « ceci n’est pas un ceintre »

Il y a peu

Très honnêtement, j’ai juste été sciée, choquée. On ne parle pas d’une époque lointaine. Non. On parle des années 60/70. L’époque de nos grands parents, de nos parents. Finalement c’était hier. Et pourtant je ne savais pas. Je sais très bien que l’avortement est légal que depuis la loi Vieil en 1975, mais je ne m’étais pas vraiment posée la question de ce qui se passait avant. Et là d’un coup, la réalité choque :  des femmes mourraient en France il y a 40 ans parce qu’elles avaient fait un choix (ou non d’ailleurs) qui était considéré comme illégal.

Cette sage femme nous a également parlé du procès de Bobigny. Alors je suis peut-être totalement inculte mais je n’en n’avais jamais entendu parlé. Pour celles qui sont comme moi : petit point histoire. Le procès de Bobigny a eu lieu en 1972 (avant la loi Veil donc). Une jeune femme a été violée et suite à ce viol, elle est tombée enceinte. Elle n’a pas voulu garder cet enfant, et elle a donc fait le choix d’avorter. Face à son choix, sa mère l’a aidé. L’homme qui l’a violé a alors dénoncé la jeune fille, sa mère, ainsi que le personne ayant réalisé l’avortement. Ce sont donc ces femmes qui ont été jugées et non cet homme. Cela vous fait froid dans le dos non ? Moi aussi.

 

Et demain ?

En ce jour qui rappelle les nombreux combats qu’il reste à mener, comme l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes, les violences faîtes aux femmes, le sexisme, le harcèlement de rue mais encore bien d’autres, je pense qu’il est aussi important de se rendre compte des combats qui ont été menés et déjà gagnés par des personnes qui se sont battues avant nous. La victoire est tellement forte je trouve, qu’aujourd’hui, l’accès à la contraception, l’accès à l’IVG me semble être un droit au même titre que d’être payé quand on travaille, ou encore de pouvoir voter. Chaque homme, chaque femme, chaque personne devrait avoir le droit de choisir ce qu’il souhaite faire de son corps. Savoir s’il souhaite ou non se marier, avoir un enfant, poursuivre une grossesse.

Pour moi, cette journée me permet donc de me rappeler encore plus que ces droits ne sont pas acquis pour encore trop de femmes dans le monde. Que ces situations vécues il y a 40 ans à Nantes où Paris, se passent en ce moment, dans d’autres pays. Quelle est la différence entre ces femmes et nous ? Nous ne sommes juste pas nées aux mêmes endroits. Est-ce que ça peut expliquer le fait que nous puissions avoir certains droits sur nos corps et elles non ? Pour moi, non.

Est-il aussi important de rappeler que dans certains pays où l’IVG est légalisée, le danger reste proche ? Rien n’est acquis. Jamais. Il a fallu que nos grands parents ou nos parents se battent pour que ces lois soient votées et appliquées ici. Il va peut être falloir qu’on se batte demain pour qu’elles le soient partout et pour tout le monde.

Voilà la réflexion que m’a apporté cette journée des droits des femmes ! Et vous ?

 

 

 

 

 

 

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